Morsiglia est niché dans un amphithéâtre formé par les collines surplombant la mer sur le côté ouest du Cap Corse, où chacun de ses sept hameaux, Baragogna, Mucchieta, Mute, Pecorile, Pruno, Stanti, et Sundi, offre une perspective différente sur le vaste horizon étalé devant eux. Le village est parsemé d’un nombre exceptionnel de tours carrées, témoignage de sa richesse au XVIe siècle, qui tout comme ses maisons d’Américains du XIXe siècle, reflètent l’imagination et le travail de ses habitants, les Morsigliais. La tour Pianasca est perchée sur le bord supérieur de Pecorile offrant des vues spectaculaires sur la Méditerranée devant elle et la face rocheuse du Monte Riuzzulu en arrière plan. (texte et photo Roy Pelletier)
La fondation de Morsiglia est attribuée à des marins grecs venus sur ces rivages vers 500 ans av. J.-C. L’histoire du village nous est mieux connue dès l’époque féodale quand Morsiglia apparaît comme l’une des cinq localités dépendant de la Seigneurie de San Colombano – aujourd’hui Rogliano – fief des Seigneurs Da Mare.
Entre le XVe et le XVIe siècle, la richesse des principales familles favorisa l’édification de plusieurs tours carrées, à la fois demeures seigneuriales et maisons fortes, destinées à la protection des habitants contre les incursions des pirates barbaresques. Ces tours existent dans tous les hameaux. Ces édifices donnent à Morsiglia ce panorama caractéristique et unique en Corse.
Un autre aspect original de Morsiglia tient au nombre et à l’importance d’édifices religieux, dont le plus imposant est le Couvent de l’Annonciation, fondé lui aussi au XVe siècle.
Agriculteurs, marins, pêcheurs, soldats, aventuriers et conquérants, les Morsigliais ont parcouru les eaux et les rivages de la Méditerranée. A la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, Morsiglia, comme d’autres villages du Cap Corse, connut l’émigration vers les Amériques. Les Morsigliais y connurent des fortunes diverses mais restèrent fidèles à leur village: on leur doit de belles demeures comme le Palazzu Ghielfucci (1838) et de nombreuses maisons patriciennes édifiées entre 1850 et 1900. La culture du cédrat ou de la vigne, et la vie maritime étaient les principales activités.
Morsiglia a vu la naissance de Thomas Lenche, fondateur du Bastion de France en Algérie au XVIe siècle, d’ Andréa Gaspari, conseiller et ambassadeur du Roi Philippe II d’Espagne, de François Antonmarchi, dernier médecin de Napoléon à Sainte-Hélène, d’ Ange François Vincentelli, industriel en Corse et en Belgique. Plus près de nous, Morsiglia s’enorgueillit d’artistes renommés, d’administrateurs, d’hommes politiques… et comme leurs anciens, ils gardent et valorisent la réputation de leur village. (texte mairie de Morsiglia)



